Musée : Hall d'entrée, I, Alger, Algérie Detroit Photographic Company

À travers notre histoire, celle de l’humanité, est notable notre intérêt pour toute sorte de pratiques, d’apparence non indispensable à notre survie. La danse, la musique et tout autre art ancré dans nos cultures jusqu’à aujourd’hui. Nous avons pu remonter jusqu’à la préhistoire, il y a plus de 70 000 ans pour un dessin découvert dans la caverne de Blombos en Afrique du sud, de simples lignes entrecroisées mais tracées à l’aide d’un crayon d’ocre pointu, sur une surface préalablement lissée par frottement. Et depuis, l’humain étendit sa créativité pour en arriver au cinéma, l’art le plus récent, découvert il y a seulement 125 ans, tout en développant ses autres intérêts en usant de différents outils, de différentes techniques et pour différentes utilisations, incluant tout aussi bien le monde hasardeux du divertissement qu’un métier aussi stable que celui d’architecte.

Le cerveau, notre structure biologique complexe, est l’outil principal et l’organe incriminé par son analyse d’information et réaction induite suite aux stimulus.
C’est par un cheminement précis suite à notre exposition à certains sons ou à certaines pratiques que se suit l’activation de certains lobes cérébraux tels que les aires auditives primaires mais aussi l’amygdale superficielle pour la musique par exemple, qui réagit par une sensation de plaisir et de récompense, encore plus suite à l’écoute de musique joyeuse. Mais aussi le lobe frontal responsable de la créativité.
Tout ceci a été observé aisément par IRM. L’effet s’étend même aux branches motrices, animant notre envie de danser. Par ailleurs, chanter aide les personnes qui bégayent à enchaîner de façon plus fluide leurs phrases et pour les personnes qui pratiquent un instrument, certaines activités exécutives se voient améliorés telles que l’attention et la planification. De ce fait, nos sens ne seraient pas voués uniquement à notre protection et mise en garde mais aussi pour nous permettre de nous divertir.
Plusieurs hormones influent directement ou indirectement notre humeur et notre façon de vivre le moment présent. Ainsi, dopamine, Sérotonine ou endorphines en sont quelques acteurs assez influents dans ce monde chimique qui nous contrôle.
L’effet est tellement poussé qu’encore plus loin que le théâtre et la comédie, des ateliers de rire collectif existent, déclinés sous plusieurs thèmes et sont régulièrement pratiqués. L’industrie du divertissement a pris une place énorme et se diversifie chaque jour.
Le stress constant du travail, de ces événements quotidiens qu’on voudrait pouvoir simplifier, auxquels on ne voudrait plus y penser, de ces lumières artificielles auxquelles nous sommes exposés lorsque le soleil se couche, qui nous rappellent éventuellement qu’il nous reste encore du travail à faire et tout notre environnement aussi bien toxique que nécessaire pour vivre décemment.

Toute cette pression déclenche parfois une avalanche d’émotions incontrôlables. La science aujourd’hui a pu mettre en avant le fait qu’une vie saine, avec un apport alimentaire correct, des liens familiaux et amicaux et du divertissement réduirait considérablement le risque de s’adonner à des substances toxiques, même disponibles.

Être en contact avec une culture peut d’ailleurs avoir un impact sentimental et donc subjectif. Grâce aux mécanismes de mémorisation auditive, olfactive, visuelle ou encore musculaire, on peut s’approprier un son, une danse, une musique ou un paysage, certaines combinaisons de couleurs d’un tableau, suite à un événement précis de notre vie, se stockent dans notre mémoire à long terme et, au final, un sentiment apprécié sera sans doute reproduit, voir améliorer, poussé encore plus loin et la conscience humaine est actrice aussi bien de cette envie que de sa reproduction. Quand un groupe est affecté par un tel effet, cette pratique se voit répétée et s’immiscera petit à petit dans les mœurs de cette société.

Ignorer notre intérêt presque primaire pour la culture et l’art, c’est aller à l’encontre de notre nature et réprimer un instinct qui nous pousse à être bien aussi bien dans notre corps que dans notre tête.
Cet instinct qui nous pousse finalement à la réflexion, à notre développement aussi bien physique que psychologique, à faire pousser des idées qui en provoqueraient d’autres.
Des métiers qui apparaissent et qui font de la vie de beaucoup de personnes un havre de paix et leur gagne-pain en même temps.

L’interprétation humaine d’évènements, de l’environnement l’entourant, les conditions de vie, la nature, les émotions, les sentiments éprouvés ainsi que d’innombrables paramètres se manifestent sous la forme d’actes répétés, réfléchis, décidés en groupe. Ces coutumes et traditions naissantes font la culture d’une région ou d’un pays et de son identité qui, sous toutes ses coutures, fait son originalité et la cultiver peut même être lucratif pour ses commerces locaux, attirant les regards et la curiosité. Car ça plait. La diversité est une chose inévitable et, pourquoi pas appréciable ?

Mais avant d’arriver à cela, notons que l’art pousse au partage, à l’acceptation de soi et d’autrui, rassemblant les personnes exposées à un nouveau décor ou à leur propre culture. On se l’approprie, on l’améliore, on satisfait nos sens et on pousse notre société à évoluer, on rafraîchit les possibilités d’avenir et d’entente. Plus important encore, on s’ouvre à l’immensité du monde et on crée des souvenirs. Un lien continue se tisse petit à petit entre les générations passées et futures. Un lien pouvant peut-être restaurer une confiance perdue, au fil du temps.

Auteure : Nena.S

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