J’ai lu quelque part que le vin est le meilleur exemple que l’homme pourrait suivre dans son évolution à travers le temps, c’est-à-dire bonifier et prendre de la valeur tel un Madère Toulousain. Cela va de soi, il faut que le passé d’une personne soit une succession d’expériences qui le forgent et qui font de lui une personne meilleure et de valeur.

Hélas, tous les vins ne sont pas des Strasbourg de 1472. Il y en a qui, au lieu de bonifier, virent au vinaigre. Les gens aussi n’échappent pas à ce sort dans certains cas, ce qui en dit long sur l’impact qu’un passé peut avoir sur le présent, et même sur l’avenir. Un passé riche de ses exploits et du contexte socio-culturel et politico-économique, qui continue de vivre à travers le temps, les générations et les mentalités, ils les traversent, les transpercent et les marquent.

Qu’en est-il de notre pays ? A-t-il gagné en valeur ou a-t-il viré au vinaigre ? Que dire de ce pays au passé ancestral si prometteur, aux épreuves et aux expériences multiples, tantôt triomphantes, tantôt révolutionnaires et tantôt sanglantes. Un passé, de ceux qui propulsent au-devant de la scène et qui promettent les étoiles.

Qu’a-t-on fait à part lui dédier des temples, des temples qui s’effritent et se meurent aussi faute d’entretien ? Un passé n’a de valeur que par les enseignements que l’on en tire pour notre avenir, c’est ce qui fait notre bonification, notre évolution et notre salut.

Certains – la majorité – diront que nous baignons déjà dans le vinaigre, d’autres – aux vertus optimistes, voir irréalistes – diront que ce n’est qu’une épreuve de plus qu’on rajoute à ce passé, déjà tellement chargé, pour une meilleure rédemption.

Cette rédemption, on la repousse, sans même s’en rendre compte, à chaque fois qu’on remet le changement au lendemain. Le compte à rebours de l’avant-garde a été déclenché il y a longtemps, mais cette dernière, il y a ceux qui la pensent et ceux qui agissent. À mon avis, il est temps de ramasser la bouteille jetée à l’eau par ses penseurs.

Par qui ? Par nous ? Par les futures générations ?
Qui aura le courage et l’audace de se dire que c’est le moment ? Car le moment propice est là, l’avant-garde a été assez prolongée et assez mûrie, le moment d’honorer ce passé est là. Pourquoi nous ne pressons pas le pas ? Ou pourquoi nous ne faisons pas du tout de pas, devrai-je dire ? Ce qui est le plus choquant, voir frustrant, c’est de voir autant d’indifférence dans les yeux d’un peuple majoritairement jeune, ce qui me pousse à sonner la sonnette d’alarme et à bousculer les choses à travers ma plume. Une plume chargée d’espoir et d’optimisme, chargée de volonté de réveiller des consciences juvéniles pour les inciter à agir comme telle.

Il est inconcevable à mon sens qu’une jeunesse normalement constituée, baigne dans une telle nonchalance et une telle acceptation des choses. Le « normalement constituée » pourrait être à remettre en cause dans ce cas-là pour un meilleur diagnostic de l’état des choses. Et un coup d’œil sur les événements sanglants qu’ont connu ces dernières générations est impératif, ce qui pourrait nous mener à dire que ce qui aurait dû booster la rédemption et l’accélérer avec ses événements – ce qui a été le cas de tous les malheurs qu’a connu notre pays – a eu un syndrome d’enfermement et de stagnation. On en revient à dire encore une fois que notre passé au charisme propulseur et catalyseur a mal tourné.

Quoi de pire qu’une stagnation pour condamner un peuple et le réduire à néon ? Ma réponse est quoi de mieux qu’un réveil des consciences pour remettre le tandem de l’avancement en marche?

Auteur : Kahina Bouaraba – Nomad Club

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here