Nous vous proposons la découverte d’une ville qui ne laisse pas indifférent. Une ville dont la morphologie naturelle est sublimée par une diversité architecturale remarquable et animée par une dynamique sociale typique ; une ville dont la richesse historique et culturelle permet de voyager à travers l’espace et le temps, une ville qui marque les esprits, éveille les souvenirs, ranime les émotions et met tous les sens en éveil. Source d’inspiration pour de nombreux artistes, elle a su nourrir l’imaginaire de peintres, écrivains et poètes : on chanta sa splendeur, traduisit sa singularité en vers, peignit son authenticité…

Nous vous proposons d’aller à la découverte d’Alger…

Connaissez-vous réellement celle que l’on nomme « El Bahdja » ou « la blanche » ? Comprenez-vous vraiment ce qu’elle vous raconte ?

Alger au fil du temps

Ville millénaire, sa première occupation remonte au moins au VIIe siècle Av-JC avec l’établissement d’un comptoir maritime phénicien portant le nom d’ « Ikosim » (l’île aux mouettes). Vers 146 Av-JC, « Ikosim » tombe sous le joug de l’empire romain et le restera jusqu’en 46 de notre ère. Celle qui fut alors appelée « Ikosium » s’étendait en grande partie sur la partie basse. L’axe Bab Azzoun-Bab El Oued en était le Cardo Maximums (axe principal Nord-Sud du schéma de la ville romaine), la rue de la marine, perpendiculaire au Cardo, était le Decumanus (axe principal Est-Ouest du schéma de la ville romaine). Ces axes se croisaient en un forum (actuelle place des martyrs) faisant office d’espace communautaire.

C’est au cours du VIIe siècle de notre ère, à l’aube de l’Islam, que la tribu berbère des Béni Mezghana s’installe sur le site. En 952 de l’ère chrétienne, Bologhine Ibn Ziri Ibn Manad fortifie et agrandit le site occupé par les Béni Mezghana et lui donne le nom d’ « EL-DJAZAIR », en référence aux quatre îlots qui faisaient face au rivage.

Suite au conflit qui éclata entre l’émir d’El-Djazaïr Salim At-toumi et la flotte espagnole installée au niveau du port (actuelle amirauté), les habitants de la ville firent appel aux Ottomans (les frères corsaires Barberousse) en 1516 afin de leur prêter main forte.

Les Ottomans s’installèrent alors à Alger et fondèrent la régence d’El Djazaïr. La ville s’étendait sur la colline, avec l’implantation de la citadelle forteresse à son sommet, laquelle deviendra par la suite le palais du Dey (Dar Essoltane). La ville était « pleine comme un œuf ». A l’extérieur des murailles, s’étendait la campagne « Le fahs », avec des terres agricoles fertiles, et des résidences secondaires cossues. L’Alger Ottomane connu une prospérité sans pareil.

Dès 1830, avec l’arrivée des français, la ville fortifiée d’El-Djazaïr est mutilée pour des raisons militaires (élargissement et alignement des rues, création d’une place d’armes…). On commence à voir apparaitre une typologie d’habitation à l’européenne pour accueillir les colons. La première extension de la ville se fit vers le sud, avec la création du quartier d’Isly (actuel Ben M’hidi), premier quartier européen. Petit à petit, El-Djazaïr laissa place à Alger. La France voulant l’élever au rang de capitale européenne, la dota de tous les attributs d’une ville aux canons de l’époque.

Aujourd’hui, et après tant de passages, de modifications et d’évolutions, Alger s’exhibe comme une ville aux mille facettes, aux styles différents, une ville de diversité et de dynamisme social.  Certes, Alger est une ville à contempler, à comprendre, à vivre mais c’est surtout une ville à découvrir ! Ses richesses patrimoniales et architecturales demeurent.

Aujourd’hui encore, souvent peu connues de ses habitants, notamment les plus jeunes.  Ses rues, ses édifices, bâtiments et quartiers sont vécus, traversés, utilisés mais très peu considérés pour leur valeur patrimoniale.

C’est dans un esprit de revivification de notre capitale et de réhabilitation de son aura d’antan, que nous avons choisi de proposer ce modeste parcours de découverte architecturale, cette promenade à travers laquelle nous décrirons certains édifices emblématiques d’Alger, leur histoire et leur valeur patrimoniale, ce qui permettra de les découvrir ou redécouvrir, et sans doute, de les voir autrement.

Nous avons choisi de présenter notre promenade selon trois séquences en partant du haut de la rue Didouche Mourad jusqu’au pied du Bastion XXIII.

La première séquence « du parc de la Liberté au quartier Ben M’hidi » offrira une promenade dans l’un des sites les plus animés de la capitale. La seconde sera caractérisée par l’ouverture sur la méditerranée ; elle sera marquée par la brise marine, le cri des mouettes, le fracas des vagues contre la jetée et l’odeur de l’iode, nous serons sur « le boulevard du front de mer ». Enfin, la troisième séquence de notre promenade « de la place des martyrs au Bastion XXIII en passant par la Casbah » sera dédiée à la Casbah et au quartier de la marine. Elle sera jalonnée tantôt d’édifices appartenant à la période française, tantôt antérieurs à cette dernière.

Suite dans le prochain numéro…

Auteurs: Fatima Chelgham  & Louisa Aouidef

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