Quand on s’attelle à parler du rôle du livre et de la lecture on se heurte, inévitablement, à cette sempiternelle et lapidaire question: « qu’elle est l’utilité de la lecture ? ». Autrement dit, « à quoi bon lire? ». Sans doute les gens se posent ces questions par ignorance ou négligence de l’importance de la lecture et des livres dans notre vie.

Je préfère, d’emblée, balayer cette idée mainte fois rabâchée qui consiste à faire passer la lecture juste pour « un moyen d’évasion » et/ou « un passe-temps ». Je ne récuse pas, toutefois, cet aspect-là de la lecture car comme l’écrit Alphonse Karr « Par la lecture on s’absente de soi-même et de sa propre vie ». La lecture nous extirpe de l’ennui, lire c’est s’évader et fuir un instant monotone.

Cependant, cantonner la lecture uniquement à ce côté-là, reviendrait à diminuer de son importance fondamentale. Le but, ici, est d’aborder la lecture par le prisme d’autres acceptations souvent négligées, toutefois, plus fondamentales que celles habituellement serinées. « Il faut lire avec choix et réflexion, si l’on veut retirer quelque utilité de ses lectures », écrivait David Augustin de Brueys. Par la lecture on se forge un tempérament intellectuel, c’est en lisant qu’on arrive à penser par soi et à appréhender les choses de différentes manières.

C’est par la lecture qu’on peut lutter contre tous les archaïsmes et sortir des carcans des pensées figées et hermétiques à toute velléité de progrès ou de contradiction.

Lire, en effet, c’est se libérer du suivisme intellectuel aveugle et infécond. La lecture nous libère aussi des chauvinismes de tous acabits, notamment culturel. La lecture d’un bon livre participe à l’éveil intellectuel du lecteur. La lecture irrigue notre imaginaire et l’enrichit. Elle permet de sortir du conformisme béat de nos certitudes en confrontant nos idées à d’autres opinions ou expériences.

Ouvrir un livre c’est s’ouvrir sur d’autres cultures, sur d’autres modes de vie et de pensées. La lecture demeure un instrument d’acquisition de connaissances incontournable: apprendre c’est mieux comprendre. La lecture enseigne aussi l’art d’écrire comme le préconise cette citation laconique d’Antoine Albalat: «La lecture est la base de l’art d’écrire».

Les livres sont des sources inépuisables de savoir, seul rempart pour contrer l’ignorance qui progresse quand la lecture régresse. Hélas, on passe beaucoup de temps à surfer sur les réseaux sociaux au lieu de plonger dans la lecture d’un livre. L’accès aux livres ne peut se faire sans cette clé incontournable qu’est la lecture.

Auteur: Lounnas M’henna

Ramzi Hain
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