Les Gnaouas ont compris qu’ils pouvaient faire du spectacle, s’intégrer aux musiciens occidentaux, travailler des chorégraphies. Certains sont devenus des showmen incroyables. 

1. Étymologie

Selon Maurice Delafosse, l’origine du mot « Gnaoua » vient de   l’expression berbère « Akal-n-iguinaouen » qui signifie « terre des noirs » qui aurait donné naissance au mot « Guinée » et au mot «Gnaoua », ce dernier signifierait donc « homme noir ».

2. Origine de la tribu

Les Gnaoua sont originaires d’Afrique occidentale sub-saharienne (Guinée, Mali, Soudan, Mauritanie), ils ont été amenés en Afrique du nord en tant qu’esclaves, et se sont ensuite métissés à la population locale.

Les théories sur leur avènement son multiples, mais l’événement le plus significatif remonte au XVIème siècle, lorsqu’un Sultan marocain organisa une expédition à Tombouctou et en revint victorieux. À son retour, il développa des plantations de canne de sucre et fit venir une main d’œuvre noire pour s’en occuper, ce qui constitua la 1ère vague des Gnaoua.

Cela dit, les Gnaoua aujourd’hui ne sont pas tous des descendants d’esclaves, plusieurs sont issus de familles libres.

3. Provenance de la musique Gnaoua:

Les esclaves ont amené leur culture avec spontanéité, la musique était une manière d’expulser le stress de la journée et leur souffrance en tant qu’esclaves, loin de leurs terres. Alors, chaque soir après le travail ils se réunissaient pour chanter leurs histoires en jouant leurs instruments, accompagnés d’une sorte de rite magique.

4. Une musique symbolique :

La musique des Gnaoua a toujours été finement liée à des rites. Autrefois, les Gnaoua évoquaient dans leurs chants les noms de leurs saints, ainsi que des termes puisés de leurs langues natales. Plus tard, Les habitants locaux, qui se sont familiarisés avec leur culture, ont copié le rythme, et changé les noms des saints évoqués dans les chants, faisant évoluer ainsi cette musique afin qu’elle soit conforme avec les lois et les coutumes musulmanes, et ainsi, assurer sa continuité. A présent, il est nécessaire que la formule « Bismillah » , au nom d’Allah, ouvre tous les morceaux de la cérémonie, ainsi que le sacrifice d’un animal consacré…

5. une cérémonie peu commune:

La cérémonie du Gnaoua se rattache principalement à leur saint patron « Sidi Bilal » (qui fût le premier esclave libéré par le prophète Mouhamed). Elle se déroule dans un espace saint appelé « Zaouia », où les Gnaoua pratiquent un rite de possession nommé « Derdeba’’. La « lila de derdeba » ( la nuit de la possession) a un objectif thérapeutique, elle est organisée pour désenvouter les corps des esprits qui hanteraient certains d’entre eux. Durant ces nuits, les Gnaoua communiquent avec les djinns pour les sommer de quitter leurs malheureux corps possédés et pratiquent des sacrifices animaliers.

Aujourd’hui, certains modernistes, pour qui l’idée de communication directe avec le surnaturel s’avère incompatible avec une certaine idée de progrès et de civilisation, tentent de folkloriser leurs pratiques en mettant en valeur seulement la musique et les danses… Ces derniers ont bien réussi ! La musique Gnaoua est aujourd’hui considérée comme Art.

06. Le Guembri et ses compagnons :

L’instrument musical principal chez les Gnaoua, qui anime le Diwane, se nomme « Le Guembri ». Cet instrument est joué par le maître musicien (le maâlem), qui est le chanteur principal de la troupe. Les autres musiciens qui s’appellent « les Gnadises » l’accompagnent par le Qarqabu (une sorte de castagnette en métal), le tambour, et exécutent les danses.

 Le Guembri, pour moi, est un instrument de cœur
 Taoufik Izeddine

Le Guembri est un luth tambour à trois cordes et à registre bas. Il est constitué d’une caisse de résonance recouverte par une peau de dromadaire séchée et tannée, et d’un manche en bois, et un sistre est inséré à l’intérieur. Le bois utilisé peut être du noyer, de l’acajou, ou du peuplier.

Auteur: Kheira CHIKR

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here