Tout comme l’homme, l’art existe, se développe, dérange et fascine. Il perturbe et donne naissance aux questionnements les plus fous. Il se rebelle, mûrit, puis s’assagit. L’art respire par les poumons de son créateur.

La situation étant, qui suis-je pour parler d’art ? C’est cette question que je me suis posée en découvrant le thème de cette édition pour la première fois… Mais après tout, moi qui ne suis ni artiste ni critique d’art, moi être humain possédant un cerveau et deux yeux, simple personne pouvant exprimer son avis, c’est peut-être à moi que cet art-là est destiné. Cet art si semblable à l’homme, j’en suis peut-être la cible. Mais assez parler de moi ! Je voudrais plutôt parler de l’art en Algérie, mais aussi de l’artiste et ses diverses sources d’inspiration.

L’Algérie, terre où maintes civilisations sont passées, maints rois ont régné, maints fruits ont mûri et maints fous ont aimé.Terre du soleil, de la mer, des montagnes et du Sahara. Parfois, je me dis que tout tableau, toute musique, toute architecture, tout poème créé dans ce pays à travers le temps a, comme une évidence, eu lieu d’être ! Comment n’aurait-on pas pu faire des merveilles dans ce cadre-là ? Comment assis, admirant la baie d’Alger, n’aurait-on pas pu penser à créer et concevoir la Casbah, ses rues étroites, ses terrasses et ses fontaines. Voyez-vous ? Comme je le disais, une évidence ! Cependant, l’Algérie n’était sûrement pas la seule source d’inspiration des artistes d’autrefois. L’amour… Oh oui ce sentiment troublant devait très certainement l’être tout autant. L’amour sous toutes ses formes, innocent, affectueux, protecteur, douloureux, interdit, amour vrai. Mais qui sait vraiment ce qui les inspirait ? On pourrait essayer de le deviner à travers leurs œuvres… Mais on ne le saura jamais réellement, à moins qu’ils nous le disent ?

Certains nous l’ont dit : peintres, architectes, poètes, écrivains et autres couturiers de renoms ont raconté très explicitement à quel point leurs voyages en Algérie les avaient inspirés dans leurs arts, dans leurs processus de création et dans leurs façons de penser, d’autres ont parlé de leurs amours de jeunesse, de la mer, et même de la nourriture. Et oui ! Qui aurait cru qu’une pastèque pourrait être source d’inspiration ? En y repensant, pas si étonnant que ça, mais après tout, nous savons tous que l’inspiration vient des choses qu’on aime, mais aussi des choses qu’on n’aime pas.

Je crois savoir ce qui inspire l’artiste, serait-ce peut-être la vie ? Peut-être que ce qui l’inspirait vraiment n’était pas l’Algérie en elle-même, mais le moment vécu à cet endroit précis, comment il se sentait durant sa présence ici et avec qui il se trouvait ? Ou peut-être suis-je en train de dire des sottises ?

Mais ce qui est sûr, c’est que de nos jours, les artistes algériens contemporains sont constamment à la recherche d’un équilibre. Ils ont pour mission d’honorer la mémoire de nos aïeux, de s’inspirer de ce qui a été fait auparavant et de le remettre au goût du jour, tout ceci en remplissant la fonction première d’un artiste qui est, selon moi, de porter un message, créativement, librement ! Et à défaut de s’exprimer à travers des conversations, ils choisissent de le faire à travers l’art, que chaque humain est ensuite libre d’interpréter de façon différente.

La liste des artistes étrangers qui se sont inspirés de l’Algérie dans leurs œuvres est très longue, tout comme celle des locaux, qui ont au court des siècles passés, appréhendé l’art algérien et lui ont donné sa forme actuelle, un riche mélange de cultures, d’histoire et de symboles. Citer tous les artistes de ce grand pays est impossible, citer seulement les plus connus n’apporterait rien à cet article, j’ai donc jugé bon de n’en citer aucun.

Aujourd’hui, l’artiste algérien est vrai, dépourvu de tout superflu, il est facile de s’identifier à lui, à son art, l’artiste algérien fait partie de la société, et donc il s’en inspire, quelques fois avec une telle ironie que seul un autre Algérien est capable d’en déduire le message caché et la profondeur de ce dernier. Mais moi, ce que j’aime le plus chez l’artiste algérien du 21eme siècle, c’est que parfois, on croirait que l’Algérie le rejette et le sous-estime, mais lui continu à la sublimer. Il raconte à quel point elle est charmante et en fait même sa muse, persévérant et rêveur, l’artiste algérien paraît si normal, qu’on croirait presque qu’il l’est.

L’artiste est incompris, et l’art incompréhensible, mais rien ne nous empêche d’apprécier quelque chose sans la comprendre. De toute manière, mon but n’était pas de vous éclairer sur quoi que ce soit concernant l’art, mais de vous faire partager le fond des pensées du plus commun des mortels, concernant… et bien, l’Art.

Auteur : BOUCHERIT Farah

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