Parfois, il suffit d’une simple contemplation de l’environnement dans lequel on vit, d’un débat sur les réseaux sociaux, d’un cours à l’université ou même d’une insulte raciste pour faire réveiller le questionnement et la réflexion sur notre identité, qu’est ce qui nous unit ? Et qu’est ce qui nous distingue des autres ?

Pour faire simple, si on vous dit : « Algérie », qu’est-ce que ça vous évoque ? Une identité africaine embrouillée par les clichés internationaux (tiers monde, colonisation, ressources énergétiques, climat chaud…). Une identité méditerranéenne berbère, arabo-musulmane ou bien maghrébine ?  Certains choisiront d’adopter une seule identité, d’autres les accepteront toutes ; Il y’en a même qui les refuseront toutes et tacheront de construire une autre, mais ce qui est sûr, c’est qu’aussi confuse qu’elle soit ; cette identité algérienne existe, et nous allons la découvrir ensemble à travers : L’ARCHITECTURE.

Commençons par explorer quelques échantillons de notre identité architecturale authentique qui se manifeste dans : les villages kabyles, les médinas, les maisons Chaoui, les tombeaux numides et toute bâtisse dont les règles de construction sont dictées par les pratiques socio-culturelles et matérialisées par le savoir-faire local.

Notre première station est Ghardaïa, principal village de la vallée du Mzab. Cet exemple illustre parfaitement l’identité architecturale mozabite, une identité qui a été forgée par des éléments tantôt acquis tantôt innés : la situation géographique, le climat, la religion et les traditions de la société ibadite. En effet, Ghardaïa, construite en citadelle, présente un ordre et une hiérarchie structurante démarrant des remparts jusqu’à l’habitation.

Le marché est la première interaction qu’on peut avoir avec le village, rejeté en périphérie, ce centre public est un lieu d’échange et de rencontre masculine ; son emplacement empêche les étrangers de pénétrer dans l’espace privé du village.

La mosquée, centre sacré, annoncée par son célèbre minaret qui se dresse au sommet tel un gardien protecteur, symbolise l’attachement à la religion et son importance dans la société. C’est aussi le cœur de la médina autour duquel naissent les habitations adossées les unes aux autres, formant des rues sinueuses et étroites assurant à la fois l’ombre, la fraîcheur et l’intimité.

La maison mozabite, dépourvue d’ouverture, présente un aspect extérieur rigoureux, embrasant le charme du désert qui non seulement protège de la rudesse du soleil mais aussi s’intègre harmonieusement dans le paysage saharien. La simplicité et la sobriété de la forme extérieure reflètent l’idée de l’égalité au sein de la société mozabite, où la distinction entre le riche et le pauvre ne doit pas être apparente. Quant à la configuration spatiale intérieure, elle est établie suivant le plan introverti autour d’une cour centrale « west eddar » couverte par un chebak : c’est l’espace où se déroulent les activités quotidiennes. L’entrée de la maison est caractérisée par la chicane « skiffa » : un espace coudé de filtration et de transition du « dehors » des hommes au « dedans » des femmes ; la skiffa est suivie par une salle réservée au métier de tissage. La maison comporte aussi un salon pour les hommes « l’aali« , et un salon pour les femmes « Tisefri« , sans oublier la terrasse, liée aux terrasses voisines ; cet espace est le lieu de rencontres féminines par excellence.

Notre brève visite au sud se termine ici. Il est clair que la pentapole du Mzab cache plus de mystères et de merveilles que ce qui vient d’être cité. Ghardaïa, Mélika, Bou Noura, Beni Isguen, El Ateuf… Chaque village incarne une spécificité particulière, mais ce qui leur a permis d’être un emblème de l’architecture saharienne, est ce caractère qui les unifie tous, et qui est loin de se résumer uniquement à la vallée ou au climat. C’est la parfaite harmonie entre culture, nature,architecture, et l’ensemble de caractères individuels en constante évolution qui ont pris forme et qui ont persisté dans le temps, perpétuant des valeurs plus importantes que n’importe quel autre héritage : une identité reconnue mondialement par l’UNESCO depuis 1982.

 


Place du marché -Ghardaïa 

 


Mosquée funéraire-Ghardaïa

 


Ruelle-Ghardaïa

 

Quelle serait notre prochaine destination ? Y retrouverons-nous les mêmes éléments identitaires ? Réponse dans le prochain numéro.

Auteur: Siham Khaddaoui

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