Comme une évidence, le choix du sujet s’est imposé de lui-même. Ma passion pour la photographie en était la source, le besoin de l’exprimer en était le moteur. Avant tout, il me fallait déterminer une feuille de route, mais je ne savais guère en quoi ou vers où j’allais m’aventurer. Finalement, je me suis heurtée à un mur d’interrogations sans réponses.

Femme photographe algérienneA vrai dire, il existe peu d’informations sur les femmes photographes algériennes d’antan et d’aujourd’hui. Et pourtant, elles étaient et sont toujours omniprésentes sur la place, de par leurs travaux et expositions personnelles ou collectives, mais aussi de par leurs participations dans les salons et festivals nationaux et internationaux.

Evidemment, il m’était impossible de parler des photographes algériennes contemporaines, de leurs motivations, les contraintes et les obstacles, voir leurs rêves, sans parler des pionnières. Celles qui s’étaient imposées, d’elles-mêmes, dans un domaine purement masculin et dans des temps difficiles où la femme était marginalisée ou soumise aux préceptes patriarcales ou autres. Mon grand regret était de ne trouver que peu d’articles et d’informations sur ces dernières.

Cette recherche m’a permis de découvrir le monde de quelques-unes, dont la médiatisation ne s’est faite que par des articles éparpillés dans le temps. Je commencerais par la pionnière qui n’est autre que Zaida BENYOUCEF (1869-1933), née à Londres d’un père algérien et d’une mère allemande Anna Kind, elle-même photographe. Partie rejoindre sa mère à New York, elle écrivait des articles pour différents journaux. Ses chroniques étaient principalement des essais sur la photographie, parmi eux, son travail qu’elle situe  entre le radicalisme de certains photographes des beaux-arts et le prosaïsme de la plupart des photographes commerciaux . Spécialisée dans le portrait et le porte-parole de l’Eastman Kodak, elle exposait ses œuvres dans les grandes villes américaines ainsi qu’en Europe, notamment les portraits de beaucoup de personnalités historiques.

A l’instar de Zaida BENYOUCEF, d’autres femmes d’origines algériennes ont fait leurs chemins dans le monde de la photographie. Certes loin de l’Algérie mais cette dernière était le socle de leur passion et de leurs travaux. Je citerais, Nadia FERROUKHI. Née en 1970, elle affirme avoir trouvé les clés de son travail à travers sa sensibilité accrue à la condition humaine. Photo-reporter, ses travaux ont été publié régulièrement par la presse : Le Monde, Libération, Le Figaro, … etc.

et je peux dire que c’est grâce à l’Algérie que je suis arrivée là où je suis. C’est par ses images que j’ai pu traiter différents sujets et aussi retrouver mon identité algérienne par mes photos 

Interview de Ameziane Ferhani Publié dans El Watan le 21 – 02 – 2008.

Née en 1968 en Algérie, Zohra BENSEMRA a quant elle, fait ses premiers pas de photographe au Musée des arts et traditions populaires, avant de se tourner vers la presse privée algérienne, durant les années 90 et jusqu’en 1998 où elle signe avec l’agence Reuters. En 2005, lors des rencontres africaines de photographie de BAMAKO, on lui décerne le prix de l’Union Européenne comme meilleur photoreporter.

A mes débuts, je ne pouvais pas imaginer que j’allais vivre des moments aussi intenses qui allaient bouleverser toute mon existence. Je me suis retrouvée bien loin du chemin paisible que mes parents auraient voulu que j’emprunte. Tout a fini par me concerner. Tout ce qui concernait l’Algérie allait faire partie de mon univers, tout devait m’intéresser, bon, mauvais, dur ou facile. [] Je vis au rythme de ses joies et de ses peines, de ses bonheurs et de ses malheurs. En permanence j’ai eu à me battre avec moi-même pour rester neutre dans mon travail, simple témoin.

Journal des Galeries photo, FNAC, Printemps 2003.

C’est Louisa DJEDAIDIA qui détient le renom d’être la première femme Photo-reporter en Algérie, et ce, depuis l’indépendance jusqu’en 1997. Elle n’avait que 16 ans lorsqu’elle débutait dans un petit studio de la banlieue d’Alger. Puis, elle a exercé dans différents secteurs : ministère de l’Information à l’âge de 19 ans, l’Agence nationale d’information (APS), le quotidien Révolution, et Algérie Actualité… finalement elle atterri à El Moudjahid, où elle pratiquera avec pendant 20 ans. Elle détint la Mention Spéciale au Salon international de Bourges (1983).

J’ai la photo dans le sang ! Je ne saurais vous l’expliquer ! Je ne ratais jamais rien, mon appareil accroché à l’épaule, je photographiais tout ce qui m’émouvait. La photo est comme un article que l’on écrit, elle parle d’elle-même

interview de Irane Belkhedim pour Info Soir le 09/03/2005

La liste de ces femmes d’exception ne s’arrête pas là, il existe d’autres noms, d’autres parcours, non seulement dans le photojournalisme mais aussi dans la mode, le portrait, la photo de rue, … etc. Si certaines se sont imposées par leurs travaux, d’autres ont choisi l’anonymat où la photographie était un besoin d’extérioriser leurs émotions, une thérapie, une passion avant tout.

A suivre …
Auteur: Ould Larbi Kamila

 

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