C’est l’histoire mythique d’une déesse, Mnémosyne, déesse de la mémoire, née de l’union du ciel et de la terre, qui donna naissance, en épousant Zeus, aux neuf muses qui reçurent chacune une part de son savoir, incarné dans les arts et la création. Cette légende grecque, vielle comme le monde, nous rappelle que la mémoire est le fondement de tout art.
La relation est cependant bilatérale, l’un est créateur, l’autre est protecteur. La mémoire étant fragile, sujette à une divergence d’interprétation, est plus susceptible de se dissiper ; L’art, intemporel et dirais-je même presque éternel, reste lui, comme témoin de ce qu’a été un jour la vie.
L’homme a inlassablement voulu raconter son histoire ; comme un refus catégorique de l’oubli, il a d’abord gravé son quotidien dans les murs de ses grottes, puis l’a écrit, sculpté, peint, photographié, et même construit, entre les pierres de son habitat, ses lieux de cultes, ou même ses sépulcres.
Aujourd’hui, l’homme n’est pas si différent, les arts, eux, ont changé, muté, certains vous diront qu’ils ont évolué, d’autres diront qu’ils ont régressé ; mais ce qui est certain, c’est que l’art puise encore et toujours son âme de la mémoire ; Comme son protecteur éternel, il la conte et la raconte à ceux qui désirent écouter, comprendre, et apprendre une leçon ou deux.
On m’a posé la question, il y a de cela pas plus d’une semaine, après avoir raconté une belle histoire qu’une porte harmonieusement cloutée de la casbah d’Alger m’a rappelé ; comment pouvons-nous préserver ces savoir-faire et veiller à ce qu’ils continuent à circuler, j’ai répondu simplement : écrivez-le ! L’écriture est en effet, un des arts les plus vieux, les plus expressifs et étant à la portée de tous, le plus simple à comprendre. Et ici, à Ineffable, on regroupera tous nos écrits, exprimant nos réalisations passées et actuelles. Et qui sait… Un jour, dans un futur lointain, quand des milliers d’années auront passé et que le monde digital sera dépassé, une personne trouvera un moyen de faire fonctionner un de nos ordinateurs «archaïques» et y retrouvera toutes les histoires qu’on aura immortalisées à coup de «clavier» sur Ineffable magazine.

Ahlem KEBIR

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